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Articles > Aquarelle: OSEZ la couleur !
Aquarelle: Osez la couleur ! ou la force colorée de l'aquarelle.

Cet article a été rédigé, en préparation à un interview suivi d'une démonstration pour le magazine PRATIQUE DES ARTS à paraître le 22 JUILLET 2011, dans le but de clarifier et de mettre en ordre quelques idées et principes qui sous-tendent la pratique de l'aquarelle. Le thème proposé par la journaliste est "La force colorée de l'aquarelle".

Le point de départ choisi pour cette réflexion est une phrase de Patrick Cauvin. Lue en page d'accueil d'un site internet d'artiste pratiquant l'aquarelle, elle dit ceci  : "l'aquarelle est du domaine de l'évanescent, du fragile, pas si loin de la musique au fond. Disons que c'est la forme musicale de la peinture (...)". Quelles oeuvres a-t-il pu voir pour parler ainsi de l'aquarelle? Car à l'opposé Marcelle de Turique amie de Raoul Dufy dit des aquarelles de ce dernier qu'elles sont "la vie même (...) Elles sont fluides mais pas floues (...) elles sont transparentes et non pas mièvres ". Aux aquarelles de Dufy on peut ajouter celles de Delacroix, Kandinsky, Nolde, ou encore de  Blanche Odin,  colorées, aux transparences et fusions subtiles, où l'on devine la parfaite connaissance des particularités de ce médium et qui expriment avec force et énergie mais aussi avec douceur les émotions de l'artiste face à son sujet. D'ailleurs le mouvement expressionniste a bien montré que la couleur  en particulier est un élément important dont on peut user pour traduire avec force ses émotions.
La réflexion doit donc se porter sur l'usage que l'on peut faire de la couleur et sur la manière de l'appliquer spécifiquement à l'aquarelle.

La comparaison entre aquarelle et musique est concevable car elles ont un lexique commun (gamme, couleur, note, etc...), mais pas en ces termes. En effet qu'est-ce qu'une musique évanescente, fragile ? Celle là ne sort pas beaucoup plus loin que de l'esprit de son créateur. Par contre un interprète peut exprimer magistralement et avec intensité ce qu'il ressent comme étant fragile et toucher son auditoire au point de lui arracher quelques larmes. Dans ce cas une telle œuvre n'est pas fragile. De même le terme "évanescent" a la même racine qu' évanouir, disparaître et vide. Les aquarelles des peintres cités ci-dessus n'ont pas disparu, et font référence dans l'évolution de l'expression artistique. Elle ne sont donc ni vides ni prêtes à disparaître dans l'oubli.  Rappelons aussi que celles de Dürer âgées de cinq cents ans, si elles ont quelque peu perdu de leur intensité du fait de l'action de la lumière, ont tout de même résisté aux outrages du temps. Cette perte d'intensité des pigments n'épargne pas non plus les peintures à l'huile plus récentes comme par exemple certains jaunes utilisés par Van Gogh .
Pour l'aquarelliste débutant le problème est double: trop d'eau lui fait perdre le contrôle du processus créatif et son travail disparaît dissout par le liquide; pas assez d'eau équivaut à trop de pigment et donne un aspect gouaché au travail. D'où l'aspect terne, fade et mièvre de certaines aquarelles mal exécutées en fait. Une aquarelle se doit d'être lumineuse et transparente, objectif atteint par l'utilisation de beaucoup d'eau et de pigments. Mais la bonne utilisation des pigments demande une bonne connaissance des principes fondamentaux issus des théories de la couleur applicables à tout médium. Pour cela nous nous référons au travail de Charles Reid, peintre américain maître de l'aquarelle.
Charles Reid fonde son approche de la couleur (et de la composition) sur les principes des impressionnistes (E. Manet) et des nabis (P.Bonnard, le nabi  très japonard) qui rejoignent par certains aspects ceux des fauves (R. Dufy) et des peintres de la réalité poétique (J.Cavaillès). Rompu à la technique à l'huile il adapte sa technique à l'aquarelle. Celle-ci repose sur les notions de valeur, de couleur pure, de couleur locale, de couleur chaude/froide, et d'absence de centre d'intérêt.
La notion de valeur ou de valeur tonale correspond à la conversion des couleurs  en gris s'étendant sur une échelle allant du blanc au noir. Pour bien faire, la valeur appropriée doit être posée dès le premier coup de pinceau. Ceci évite de devoir repasser par dessus la première couche de pigment et préserve la fraîcheur, la spontanéité de l'aquarelle. Notons qu'en séchant une couleur perd deux degrés de valeur par rapport à son aspect mouillé. L'approche des valeurs moyennes et des foncées repose sur l'emploi de couleurs pures. Ceci veut dire par l'utilisation de couleurs intense, vives, saturées. La saturation d'une couleur étant son degré de pureté.
De plus la notion de couleur pure se combine à celle de couleur locale ce qui donne la notion de couleur locale pure. C'est à dire que tout objet, en dehors des variations de valeurs tonales provoquées par les effets de la lumière sur et autour de lui tels les éclats, ombres et ombres portées, possède sa couleur propre. Il est rouge, ou vert, ou jaune etc... et il faut le voir ainsi sans modulation de nuance, à la manière de l'enfant qui dessinant une tomate ou le tronc d'un arbre fait une tache plus ou moins ronde d'un rouge uniforme pour le fruit et un trait épais marron pour le tronc.
Notons que Ch. Reid n'emploie des couleurs pures que pour les valeurs tonales moyennes et pour les valeurs tonales foncées. Qu'en est-il alors des valeurs tonales claires? Celles-ci correspondent aux multiples nuances de blanc. Reid insiste en précisant qu'un objet blanc reste blanc quelque soit l'éclairage qu'il reçoit, même dans l'ombre il est blanc. La plus foncée des nuances de blanc sera toujours plus claire que la plus claire des nuances sombres."White is white" en toute circonstance. Ceci veut dire qu'il traite les variations de valeur tonale des objets blancs dans les ombres et ombres portées par l'utilisation de nuances de blanc obtenues à partir de mélanges complémentaires subtils chauds ou froids qu'il juxtapose sur le papier. On retrouve en fait ici la notion de couleur locale pure appliquée au blanc que l'on fonce par l'utilisation d'une nuance de blanc légèrement plus foncée.

Dans ce contexte qu'elles sont les particularités de l'aquarelle dans le traitement de la couleur?
Deux possibilités au moins se présentent:
Travail dans l'humide: les mélanges se font seuls, les actions possibles sont: modifier l'inclinaison de la feuille, humidifier au brumisateur, les retraits au pinceau humide, les rajouts de pinture dans les retraits, filets d'eau, gouttes, projections etc...
Travail en glacis par superpositions de lavis colorés humides sur sec jouant avec les mélanges optiques par des effets de transparence.
Dans ces deux approches, qui peuvent se combiner, intervient un autre paramètre: la caractéristique pigmentaire. En effet les pigments ne se comportent pas tous de la même manière dans l'eau et sédimentent différemment tels le bleu outremer qui donne un effet floconneux ou les phtalos qui ont un fort pouvoir teintant.
C'est dans ces deux situations et avec les caractéristiques particulières de chaque pigment que se révèle la spécificité de l'aquarelle par l'intermédiaire de la fonction de l'eau
L'eau est d'abord un solvant qui permet de diluer la matière au sortir du tube. Mais surtout, et c'est le plus important, n'oublions pas que peindre est un moyen d'expression, un langage. L'aquarelle est donc un langage qui possède un alphabet et une grammaire communs aux autre médiums colorés mais à la syntaxe différente qui est celle de l'eau. C'est elle qui dit la transparence et la luminosité de l'aquarelle. L'aquarelle est le langage de l'eau dont elle révèle le caractère expressif  et poétique.





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